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Tome troisième.
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DE Z’ H O M M S.

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DOULEUR.

Je ne connois que deux sortes de douleurs, la dou-leur actuelle- & la douleur de prévoyance. Je meursde faim ; j’éprouve une douleur actuelle. Je prévoisque je mourrai bientôt de faim ; j’éprouve une dou-leur de prévoyance dont i’impreíììon est d’autant plusforte que cette douleur doit être plus prochaine 8cplus vive. Le criminel qui marche à lechafaud , n’é-prouve encore aucun tourment ; mais la prévoyancequi lui rend son supplice préíent, le commence (a).

REMORDS.

Le remords n'est que la prévoyance des peines phy-siques auxquelles le crime nous expose. Le remordsest, par conséquent, en nous l’cífet de la sensibilitéphysique. Je frissonne à l’alpect des feux, des roues,des fouets qu’allument, courbent Sc tressent au tar-

(a) Nul doute que la prévoyance ne nous fasse, dansces affreux moraens-, éprouver une sensation physique-ment douloureuse. Qu’est-ce que la prévoyance ? un effetde la mémoire. Or, le propre de la mémoire est de mettrejusqu* à un certain point les organes dans la contraction oàles mettra plus fortement le supplice. II est donc évidentque toutes les peines & les plaisirs réputés intérieurs,font autant de sensations physiques, & qu’o n ne peut en-tendre par ces mots d'intérieurs ou d’extérieurs , que lesimpressions excitées ou par la mémoire, ou par la pré-sence même des objets.