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Tome troisième.
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l8o DE L* H O M M E.

doit les belles compositions des grands-hommes ; l'on setrompe. Racine, avant trente ans, donna XAUxancLrt& l ’Andromaque ■ niais à cinquante, il écrivit A châ-tie , Sc cette dernière pièce n’est certainement pasinférieure aux premières (a). Ce ne font pas mêmeles légères indispositions qu’occasionne une santé plusou moins délicate, qui peuvent éteindre le génie. Onne jouit pas tous les ans de la même santé ; 8c cepen-dant l’avocat gagne ou perd tous les ans à peu prèsle même nombre de causes; le médecin tue ou guérità peu près le même nombre de malades, Sc l’hommede génie que ne distraient ni les affaires ni les plaisirs ,ni les pallions vives, ni les maladies graves, rend tousles ans à peu près le même nombre de productions.

Quelque différente que soit la nourriture des na-tions , la latitude qu’elles habitent (b), enfin leur

(a) Au bout d“un certain nombre d’années, on n'estplus, dit-on , le même composé. Le Voltaire de soixanteans, n'est plus le Voltaire de trente. Soit : cependant l’un& l’autre ont également d'esprit. Si deux hommes, fansêtre parfaitement similaires, peuvent sauter aussi haut,courir aussi vite, tirer aussi juste, jouer aussi bien à lapaume ; deux hommes, fans être précisément les mêmes ,peuvent donc avoir également d'esprit.

(à) L'apt'tude à l'esprit, comme je le montrerai ci-apms, n est que 1 aptitude à voir les ressemblances & lesdifférences , les convenances & les disconvenances qu'ontentre eux les ob ; ets divers. Que la diversité des tempéra-tures , la différence des climats en occasionnent dans lesmœurs & les inclinations d'un peuple j que les sauvages «