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Tome troisième.
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venir à quelque découverte. S’examine-t on soi-mêmefur ce point ; on sent que si (on voisin voyoit quarréce qu’on voit rond ; si le lait paroissoit blanc à l’un »& rouge à l'autre, & qu’enfin certains hommes n’ap*perçulíent qu’un chardon dans une rose, 8c que deuxmonstres dans une d’Egmont 8c une Forcalquier , ilíeroit impossible que les hommes puisent s'entendre& se communiquer leurs idées. Or, ils s’entendent,& se les communiquent. Les mêmes objets excitentdonc en eux à peu près les mêmes impressions.

Pour jeter plus de clarté fur cette question, voyonsdans un même exemple en quoi les hommes différent,& íè ressemblent.

Ils se ressemblent tous en ce point : c’est que tousveulent se soustraire à 1 ennui ; c’est qu’en conséquencetous veulent être émus; c’est que plus une impressionest vive , plus elle leur est agréable, íi cette impres-sion néanmoins n’est pas portée jusqu’au terme de ladouleur.

Ils diffèrent en ceci, c’est que le degré d’émoîionque l’un regarde comme l’excès du plaisir , est quel-quefois pour l’autre un commencement de douleur.L’œil de mon ami peut être blessé du degré de lu-mière qui m’est agréable; 8c cependant lui & moiconvenir que la lumière est le plus bel objet de la na-ture. Or, d’où vient cette uniformité de jugementavec cette différence dans la sensation ? De ce quecette différence est peu considérable , & de ce qu’unevue tendre éprouve, dans un plus foible degré de lu*