DE Z' H O M M E. 2.2.7
heureuse. Si l’oiseau se sût d’abord laisse prendre, laprincesse l’eût mis en cage , & huit jours après s enfût dégoûtée. C’est l’oiseau du bonheur que pour-suivent sans cesse l’avare & la coquette. Ils ne rattra-pent point, & font heureux dans leurs poursuites ,parce qu’ils font à l’abri de l’ennui. Si nos souhaitsétoient à chaque instant réalisés , l’arne languiroitdans l’inaction & croupiroit dans l’ennui. II faut desdésirs à l’homme ; il faut, pour son bonheur, qu’undésir nouveau & facile à remplir succède toujoursau désir satisfait (25?). Peu d’hommes reconnoistèncen eux ce besoin. Cependant c’est à la successionde leurs désirs qu’ils doivent leur félicité.
Toujours impatiens de les satisfaire , les hommes bâ.tissent fans cessedes châteaux enEspagne; ils voudroiencintéresser la nature entière à leur bonheur. N’est-elle pas assez puissante pour l’opérer ; c’est à des êtresimaginaires, à des fées, à des génies qu’ils s’adressent.L ils en délirent 1 existence, c’est dans l’espoir confusque, favoris d’un enchanteur , ils pourront, par sonsecours, devenir, comme dans les mille & une nuitspossesseurs de la lampe merveilleuse, & qu’alors rienne manqueroit à leur félicité.
C’est donc l’amour du bonheur productif de t’avidëcuriosité & de l’amour du merveilleux , qui , chezles divers peuples, créa ces êtres surnaturels, quifous les noms de fées, de génies, de dives, de péries-,d’enchanteurs, de sylphes , d’ondins , &c. , n’onctoujours été que les mêmes êtres auxquels on a fait
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