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Tome troisième.
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3 6l DE z' H O M M E.

de guerres il eût étouffées 1 Que de sang humain il eût

épargné.

Nul prince, nul homme même n’aílìgnedes bornesà son pouvoir. Ce n’est point assez de régner sur unpeuple, de commanderaux idées de íes concitoyens,on veut encore commander à leurs goûts. Rousseaun’aime point la musique fiançoiíe. Son sentiment estsur ce point d accord avec celui de toutes les nationsde l’Europé. II le déclare dans un ouvrage; mille voixs'élèvent contre lui; il faut le faire pourrir dans un ca-chot. On sollicite une lettre de cachet; Lc le ministreheureusement trop sage pour I accorder, ne veut pointexposer la nation Françoise à ce ridicule.

Point d’attentats auxquelsne le porte l’intolérancehumaine. Prétendre sur ce point corriger Thomme ,c’est vouloir qu il préfère les autres à lui, c’est vou-loir changer fa nature. Le sage ne veut pas l'impos-sible. 11 se propose de désarmer, ôc non de détruirel’intolérance. Mais qui peut l’enchaíner ì une crainteréciproque. Que deux hommes égaux en force diffè-rent d’opinions, aucun d eux ne s’insulte, parce qu’onoffense rarement celui qu on croît ne pouvoir impu-nément offenser.

A quelic-s causes attribuer entre militaires la poli-tesse des disputes ? à la crainte du duel. Entre les gensde lettres , à quelle cause attribuer cette même poli-tesse ? à la crainte du ridicule. Nul ne veut être con-fondu avec les pédans de collège. Orqu’on juge parces deux exemples , de ce que produiroit fur ks ci itoyens la crainte encore plus efficace des lois.