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Au reste quel homme moins persuadé que Rousseaude la bonté originelle des caractères i II dit, page 179 ,tome 1 de l'Emile. -- Tout homme qui ne connoît» point la douleur, ne connoît, ni l’attendristement» de l’humanité , ni la douceur de la com mi (d ation :» son cœur n'est ému de rien ; i! n'est point sociable :» c’est un monstre avec ses semblables ». II ajoute,page 110 , tome 1 , ibid. « Rien , íelon moi, de plus» beau 8 c de plus vrai que cette maxime, on ne plaint» jamais dans autrui que les maux dont on ne sc croit» pas soi-même exempt ; 8 c c’est pourquoi, ajoute-t-il,» le prince est fans pitié pour ses sujets , le riche est« dur avec le pauvre, & le noble avec le roturier ».
D'aptès ces maximes, comment soutenir la bontéoriginelle de l’homme& prétendre que tous les carac-tères font bons ?
La preuve que l’humanité n'est dans l’homme quel’effet du souvenir des maux qu’il connoît ou parlui-même(io) , ou par les autres ; c’est que de tous lesmoyens de le rendre humain 8 c compatissant, le plusefficace est de l’habituer dès fa plus tendre jeunelîè às’idenrifier avec les malheureux & à se voir en eux.Quelques-uns ont en conséquence traité la compassionde soiblefle. Qu’on lui donne tel nom q u'on voudra,cette foibleflè sera toujours à mes yeux la premièredes vertus (11) ; parce quelle contribuera toujours leplus au bonheur de l’humanité.
J'ai prouvé que la compassion n'est ni un sens moral ,ni un sentiment inné , mais un pur esse t de l’amour
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