DE L* H O M M E.
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CHAPITRE VIII.
Des éloges donnés par Rousseau à l’ignorance.
Celui qui par fois regarde la diversité des esprits &des caractères comme l’effet de la diversité des tem-péramens (a) & qui, persuadé que l’éducation nesubstitue que de petites qualités aux grandes données par lanature 3 clq\i en conséquence 1 éducation nuisible (i 9),doit aussi par fois se faite l’apologiste de l'ignorance.Aussi , dit Rousseau p. 16;. T. y. de l'Héloise. « Ce« n’est point des livres que les enfans doivent tirer leurs« connoissances; les connoissances, ajoute-t-il, ne s’y» trouvent pas ». Mais fans livres les sciences & lesarts eussent-ils jamais atteint un certain degré de per-fection ? Pourquoi n’apprendroit-on pas la géométriedans les Euclide & les Clairaut ,1a médecine dans lesHypocrate & les Eoerhaave ; la guerre dans les César ,les Feuquière & les Montecuculli ; le droit civil dans
(a) Si les caractères étoient l’effet de Torganisation, ily auroit en tout pays un certain nombre d’hommes de ca-ractère. Pourquoi n’en voit-on communément que dans lespays libres? c’est, dit on , que ces pays font les seuls oi\les caractères puissent fe développer. Mais le moral pour-roit-il s’opposer au développement d’unè cause physique?Est-il quelque maxime morale qui fasse fondre une loupe?