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Tome troisième.
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meftsonge ingénieux pût à janiais immortaliser le nomde son inventeur , ii se tromperait (a). Le vrai seul ades luccès durables. Les lauriers dont Terreur quel-quefois se couronne n’ont qu’une verdure éphémère.

Qu’une ame vile , un esprit trop foible pour at-teindre au vrai, avance sciemment un mensonge ; Uobéit à ion instinct: mais qu’un philosophe puisse sefaire Tapôtre d une erreur qu’il ne prend pas pour lavérité (b) même ; j'en doute : & mon garant est irré-cusable ; c est le désir que tout auteur a de Testime pu-blique & de la gloire. Rousseau la cherche fans doute *mais c'est en qualité Locateur, non de philosophe.Aussi de tous les hommes célèbres est-il le seul qui sesoit élevé contre la science ( 28). La méprise-t-il enlui ? manqueroit-îl d’orgueil ? non ; mais cet orgueilfut aveugle un moment. Sans doute qu’en se faisantl’apologiste de Tignorance , il s’est dit à lui-même :

« Les hommes en général font paresseux, par con-

(a) J’en excepte cependant les mensonges religieux.

(£,).L’homme, je le fais , n’aime point la Vérité poufla vérité même. U rapporte tout à soft bonheur. Mais s'ille place dans Tacquisition d’une estime publique & du-rable ; il est évident, puisque cette espèce d’estime estattachée à la découverte de la vérité, qu’il est, par la na-ture même de sa paillon, forcé de h’aimer & de ne re-chercher que le vrai. Un nom célèbre qu’on doit à Ter-reur , est un prestige de gloire qui se détruit aux premiersrayons de la raison & de la vérité.

Tome III. G g