de Madame Tìqutt. f
Ce tems heureux ne pouvoit pasêtre de longue durée ; les dépenlesexcessives de Madame Tiquet obligé-reut M. Tiquer, qui u’étoic pas riche ,à lui faire montre malgré lui, de fasituation. Le Sieur Mongeorge Capi-taine aux Gardes , qui fe présenta avectout le mérite d’un galant homme , fittrouver à Madame Tiquet, son mariodieux , par le paralelle qu’elle en fitavec cet Officier , qui lui inspira lapafilon qu elle lui avoir donnée.
La jalousie du mari que cette passionalluma , augmenta dans l’efprit de Ma-dame Tiquet, Inversion qu’elle avoicprise pour son époux. Un mari quisemble travailler à se faire haïr, unAmant qui travaille à se rendre aima-ble, ont bien-tôt fait tous deux ungrand progrès dans le cœur d’une fem-me. Le premier du côté del’aversion ,& le second du côté de l’amour , & ilss’aidenr tous deux fans y penser, à fai-re leur chemin. Ce qui est de plus sur-prenant, & ce qui rend le cœur deMadame Tiquet incompréhensible,c’est qu’au milieu de la passion ardentequ’elle conservoit pour le Sieur deMongeorge, qui devoir lui remplir lecœur ; cependant maîtrisée par sa com-