de Madame Tiquet. 47
nie da monde le plus infortuné ?
Je ne puis me résoudre à vous par-ler du dernier moment qui nous enlè-ve une telle femme. Tandis qu’ellemonte fur l’échastaur avec tant de tran-quillité , tout le monde est interdit &troublé. A peine paroît - elle fur cethéâtre d’ignominie, qu’on le regardecomme un théâtre de gloire pour elle.La douleur s’empare de tous les cœurs,elle régné fur tous les visages , on nes’occupe que de fa fermeté ; & touchéde cet air modeste & paisible avec le-quel elle envisage la mort, on ne peutse résoudre à la voir mourir.
Illustre malheureuse, ne croïez pasqu’on vous refuse le secours des priè-res que vous demandez d’un air si tou-chant , &c avec une politesse si chré-tienne. Dieu miséricordieux , ne re-cevrez-vous pas en odeur de suavité lesacrifice qu’elle vous fait de fa vie ? Sivous rejettez les vœux des pécheurs,vous les écoutez lorfqu’ils font con-vertis. Si vous demandez des souffran-ces cruelles & douloureuses pour l’ex-piation de fes péchés, en est-il dépluscruelles & de plus douloureuses, quede tendre le col au glaive mortel, < 3 íjì’en être frappé trois fois en vain,