7§ L’ANTI-LUCRECE,
si sans le secours d’une intelligence supérieure ; jusqtfià» ce qu’ils perdent par la séparation des atomes, une» forme qu’ils dévoient à leur assemblage.
-> Pour opérer ces effets merveilleux, les atomes n’ont» besoin que de mouvement & de figures. Le mouve-33 ment leur fait parcourir le vaste empire du Vuide : Sc-° dans cet immense trajet, la variété de leurs figures30 produit entr’eux une multitude de chocs diversifiés àool’insini, d’où résultent des combinaisons de toute est33 péce. Vous avez vu souvent, lorsque le Soleil dardoit33 ses rayons par une étroite ouverture, un tourbillon de» poussière se mouvoir avec rapidité dans cette colomne30 lumineuse : ses molécules s’élévent Sc s’abaiffent, s’ap--- prochent & se repoussent tour-à-tour ; elles semblent» en voltigeant se jouer entr’elles, jusqu’à ce que l’agi-33 ration qui les soutenoit venant à s’affoiblir, leur poids33 les entraîne vers la terre. Leur choc est une image de33 celui des corpuscules d’Epicure.
33 La quantité d’atomes renfermés fous chaque figure i3- est infinie ; celle des figures mêmes ne Pest pas. II y a,33 parexemplè, une infinité d’atomes ronds, cubiques,33 triangulaires ; mais'on compte à peine trois ou quatre--> mille figures. Quelqu’en soit le nombre, il n’importe;33 l’effentiel est de remarquer qu’il est fini. On peut sous33 ce point de vue comparer les atomes aux Plantes. Di-33 versifiées suivant la saison, le terrain , le climat, elles33 peuplent les jardins, les prairies, les montagnes ; elles33 couvrent la face de la terre. Mais, quoique les indivi--- dus de chaque espèce soient innombrables, le nombre