LIVRE SECOND. í>i
Toutes les fois que vous séparez le vuide de la ma-tière , cette opération en fait un corps ; je .pourroismême dire un corps solide , quoique vous le souteniezpénétrable & sans confidence. D’un nombre d’atomespris à votre gré, composez un globe dont l’intérieursoit creux : pareil à ces globules que forme la pluie furla surface de seau. La figure du vuide que renferme cetteenceinte d’atomes est sphérique : on peut donc detous les points tirer des lignes droites , aux points dia-métralement opposés. Toutes ces lignes passeront parle centre , & il en résultera des angles fans nombre.Ainsi vous mesurerez le vuide ; il vous offrira l’étenduesuivant les trois dimensions ; & la figure de ses partiesdépendra de la maniéré dont les atomes seront arrangésautour d’elles ; comme l’aire d’un quarré est quarrée ;comme une liqueur versée dans un vase rond, en reçoitla forme. Le vuide sera donc un corps. En effet, dequelque côté, fous quelque face qu’on l’envisage , on letrouvera divisible & revêtu de toutes les propriétés descorps. Vous pourrez y décrire des cercles , des trian-gles ; y trouver le rapport de la sphere avec le cylindre.Tout ce que les Elèves d’Euclide, D escarres , Leibnits& Bernoulii nous ont découvert de théorèmes , tousceux que démontra le Géomètre de Syracuse , vous lesvérifierez en opérant fur le vuide. Quelle foule de dif-férentes figures un bloc de marbre ne renferme-t-il pasconfondues à la fois ! pour se rendre visibles, elles n’at-tendent que le ciseau d’un habile ouvrier , qui sache, enretranchant toute partie superflue, enlever le voile épais