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Tome second.
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LIVRE NEUVIEME. 515

pourra-t-il saisir notre ame ? 5 ’il 11e Pess pas , quelleprise aura-t-il sur le corps ? C’est donc à la volonté d’unEtre infini, qu’il faut attribuer leur union.

Cette opposition entre la nature d’une substance in-telligente & celle d’un être matériel, suffiroit pour dé-montrer que Dieu n’est point l’ame du monde; que Pu-pivers n’est pas , comme Pont cru quelques Philoso-phes , un homme immense formé de Punion de l’intel-ligence & de la matière. En effet, si vous embrassiez cesystème, ou ce seroit en supposant que cette Intelli-gence est matérielle , ou ce seroit en reconnoissant saspiritualité. Ces deux opinions ne peuvent se soutenir.Partisan de la premiere, vous auriez à combattre lespreuves invincibles fur lesquelles est fondée la distinc-tion de Pâme & du corps. D’ailleurs cette Intelli-gence que vous attacheriez à la matière ne seroit pasunique. II y en auroit autant que le monde a de parties.Ce peuple d’ames toujours divisé , n’ayant pas de Sou-verain qui pût en bannir la discorde , n’agiroit jamaisde concert ; & de leurs dissensions naîtroit dans lesmouvemens de la matière une irrégularité qui la replon-geroit dans le cahos. La seconde hypothèse n’a pas unfondement plus solide. Qu’entendriez-vous par cetteame spirituelle jointe à Punivers ? Seroit-ce une Intelli-gence formée par la réunion des âmes particulières ?Mais quelle chimère qu’un tout composé de partiesdont chacune seroit une substance indépendante. IIn’est point d’assembîage qui puisse de plusieurs âmesn’en faire qu’une feule : & la concorde ne régnera jamais