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3 S Quelque orgueil en secret dont s’aveugle un Auteur,
11 est fâcheux, Grand Roi, de se voir sans
Lecteur,
Et d’aller du récit de Ta gloire immortelle,
Habiller chez Francœur le sucre & la canelle.
Ainsi, craignant toujours un funeste accident,
4° limite de Conrartle silence prudent:
Je laisse aux plus hardis l’honneur de la carrière;
Et
Vers z?. Habiller chez, Francœur le sucre ÌT la canelle. ]Ci jjni Julienne, ditFRANcoEUR, fameuxEpicier, qui demeuioit dans la Rue St. Honoré, devant laCroix du Tiroir, à l’eníèigne du Franc-cœur. L’Auteura préféré le nom de cet Epicier, parce qu’il fournissoirla Maison du Roi, Sc qu’il étoit connu de Sa Majesté.On dit que le surnom de Francœur lui est venu de ce quel un de les Ancêtres étant Fruitier d’Henri 111 . ce Roi futsi content de l’affection & de la franchise avec laquellec « Officier le servoit, qu’un jour il dit obligeamment,siue Julienne éteit un franc cœur. Ce surnom demeura à Ju-lienne, Sc ses Descendons en ont hérité. Mr. Despréauxtgnoroit cette particularité touchant le nom de F rancœur.C’est à propos de ce fait 8c de quelques autres semblables,qu’il me dit un jour: .4 l'air dant vaus y allez., voussaurez,mieux votre Boileau c ] e moì^mème.
Vers 40. J 1 imite de Conrart le silence prudent .] Vaiew-tin Conrart, Académicien célèbre, qui n’a jamaisrien écrit. 11 éto : t né à Paris en 1603. Sc il fut nommé Va-lent in , parce que son Pere 8c ses Aïeuls étoient de Valen-cienne en Flandres: Ses Parens, en lui donnant ce nom,Voulurent conserver le souvenir du lieu de leur origine.Conrart étoit Secretaire du Roi; Sc c’est chez lui que com-Uiencètent les Assemblées qui donnèrent naissance à l’Aca-oerme Françoise. Quoi qu’il ne sût pas la Langue Latine,1 ne laissoit pas d’avoir acquis toutes les connoissancesS l j un Homme de Lettres peut avoir. 11 étoit même con-lulté fur les Ouvrages d’esprit comme un Homme quis étoit acquis le droit de juger St de décider. 11 mourut le*’• de Septembre 167s. 8c ce ne fut q u’après fa mort queN 4 .notre