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EPITRE XE
A MON JARDINIER.
Abórieux Valet duplus commode Maître,,
•*—/ Qui, pour te rendre heureux ici-bas,. pouvoitnaître;,
Antoine, Gouverneur de mon Jardin d’Auteuil,,Qui diriges chez moi l’If & le Chevrc-feuil,j. Et fur mes Espaliers, industrieux Génie,,
Sais si bien exercer l’Art de la Quintinie;
O ! que de mon esprit triste 8c mal ordonné,
Ainsi'
Otre Foëte travaillant à son Ode fur la prise de Namur,se promenoir dans les Allées de son Jardin d’Auteuil;Là il tâchoit d’exciter son feu, 8e s’abandonnoit à l’En-thousiasme. Un iour il s’aperçut que son Jardinier l’écoii-toit, 8c. l’observoit an travers des feuillages. Le Jardiniersurpris ne lavoir ì quoi attribuer les transports de son Mai*tre, & peu s’eu salut qu’il ne le soupçonnât d’avoir perdul’ésprir. Les postures que le Jardinier faisoit de son côté,'8c qui marquoient Ion étonnement .parurent fort planan-tes au Maître: de sotte qu’ds le donnerent quelque teins'la Comédie l’un à P autre, fans s’en apercevoir. Cela luifit naître l’envie de composer cette Epître, dans laquellei.s’entrerient avec son Jardinier, 8c, par des discours pro-"portionnez aux connoistances d’un Villageois, il lui expli"'que les dissimuliez de la Poésie, 8c la peine qu’il y A ] uC ^tout d’exprimcr noblement 8c avec élégance, les choses ie5^plus communes. 8c les plus sèches. í)e U il prend occasi 0Ii ‘de lui démontrer que le Travail est nécessaire à l’Horntn epour être heureux.
Cette Epître fut composée en 1695 . Horace a aussi adresseune Epître à son Fermier: c’est la quatorzième du preim e£Livre. Mais ces deux Poètes om suivi des routes disserentes»
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