de P. Corneille. 55l’homme qui se contemple en silence, oubliéles maîtres de la terre, et se souvient qu ilest le roi de la nature.
C’est ce caractère de grandeur, qui, mal-gré les succès de l’heureux Racine, conservatoujours à Corneille le respect de la nation.La voix publique répété encore que Corneilleavoit sa place marquée sur le théâtre -, la voixpublique se trompe , mais elle est juste. Cor-neille n’a point joui de ces honneurs qu’ilauroit mérités. Il en eût joui à Athènes, dansune république, où les hommes , nés égaux,ne sont distingués que par eux-mêmes ; il neles obtint pas dans une monarchie, où lesdignités font tout, où les hommes ne sontrien, et où le génie seul n’a point de rang.
SECONDE PARTIE.
Lorsque Corneille naquit, les sciencescommençoient à fleurir , mais la vraie élo-quence étoit inconnue, et les lettres presqueignorées. Quelques germes s’étoient mon-trés ; ces germes avoient péri, sans avoir étéfécondés par le génie.
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