de M. l’abbé de la Caille. 173
par ce détail que peu d’hommes ont autanttravaillé , puisque tous ses ouvrages , dontla plupart demandent de grandes recherches..,ont été faits et publiés dans l’espace de vingtans. Si la vie n’est en effet que la somme desmoments où l’ame déploie son activité , quiest-ce qui a plus vécu que lui? Heureux d’a-voir connu le prix du temps , et d’en avoirfait un digne.emploi, il n’a jamais senti l’en-nui , qui, pour la moitié des hommes, est lefléau de la vie. Le temps qui s’écoule, qu’onregrette sans cesse, dont on accuse la len-teur ou la rapidité , marche pour tous d’unpas égal. C’est nous qui retardons ou quiprécipitons sa. course. L’esprit qui médite ,s’élance , si j’ose m’exprimer ainsi, d’uneheure à l’autre , sans mesurer l’intervalle quiles, sépare , sans s’appercevoir de la succes-sion des instants ; tandis que l’oisiveté, qui setraîne sur cha.cun des auneaux de cette chaîneinfinie , le$ compte avec çnnui.
Cet emploi du. temps ne se trouve que dansla retraite, où les heures semblent se multi-plier. M. de la Caille s’étoit fait une solitudeau milieu dp Paris ; non qu’il fermât sa porteà personne, il pensoit qu’un savant qui peutêtre utile ne doit jamais se faire celer ; mais