de M. l’abbe de là Caille»
Lë compte des dépenses de son -voyage aprouvé s’il étoit désintéressé. Je ne le loueraipoint d’avoir rendu un compte fidele ; maisje le louerai d’une économie dont on se croitaisément dispensé quand on voyage aux dé-pens du souverain. Il ne fit usage des grati-fications qu’on lui’ accorda , que pour ré-compenser un homme qui l’avoit suivi.
Son caractère étoit l'amour de la vérité : illa disoit hautement ; malheur à ceux qu’ellepouvoit blesser ! Peut-être dans le monde luieût-on reproché cette liberté courageuse; maisil ne vivoit pas dans ce monde où tant de mé-nagements mettent le vice à son aise. Monami, me disoit-il , si les hommes de biendéployaient ainsi leur indignation, les mé-chants mieux connus, le vice démasqué nepourraient plus nuire , et la vertu seroitplus respectée. Tel étoit l’honime qui m’ho-nora de son amitié , que je pleure tous lesjours , et qui méritoit le respect des hom-mes plus encore que leurs louanges.
Il étoit froid et réservé avec ceux qu’ilconnoissoit peu , mais doux , simple , égalet familier dans le commerce de l’amitié.C’est là que , dépouillant l’extérieur gravequ'il avoit en public, il se livroit à une joie
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