de Leibnitz.. 187
hommes fussent heureux. Mais ces projetsde législation ne sont peut-être que de puresspéculations philosophiques , les lois sontrevêtues du sceau de l’antiquité , les abus ensont consacrés ; on respecte encore le toutdont on ose blâmer les parties ; et la plupartdes hommes que l’habitude enchaîne, et queles grandes entreprises effraient, vous diront:Comment détruire cetédificeimmense?quellèmain osera le reconstruire? Berlin lésait au-jourd’hui ; il faut un roi qui veuille commeFrédéric , et un sage qui exécute comme lui(11). Le même honneur attendoit la vieillessede Leibnitz ; il ne falloit que peu d’annéesajoutées à sa vie. Le czar Pierre, animé de cecourage qui 11e connoît point d’obstacles ,donnoit des mœurs et des arts à son peuple ;il créoit des hommes , en même temps qu’ilfondoit des villes ; et Leibnitz devoit êtrele Solon-de la Russie (12). Mais la mortpriva ce grand homme d’une gloire si rare,et l’univers d’un exemple plus rare encore ,celui d’un souverain qui , du haut de sontrône, appelle la philosophie, et lui remetla puissance législative pour le bonheur deses sujets. On voit quelles étoient les vuesde Leibnitz sur la jurisprudence ; et quoi-