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d'Angleterre l’appelloit son dictionnaire vivant. ÎIpouvoit encore dans sa vieillesse réciter des livresentiers de Virgile. Il avoit une érudition prodi-gieuse ; et son opinion étoit, qu’il n’y avoit point demauvais livre où il n’y eût quelque chose à appren-dre. Les hommes sont à cet égard comme les li-vres : aussi s’entretenoit-il volontiers avec toutessortes de personnes, gens de cour , artisans , la-boureurs, soldats, etc. Il s’entretenoit même sou-vent avec les femmes , et ne comptoit point pourperdu le temps- qu’il donnoit à leur conversation.Il se dépouilloit parfaitement avec elles du carac-tère de savant et de philosophe ; caractères cepen-dant presque indélébiles , et dont elles apperce-vroient bien finement et ayec bien du dégoût lestraces les plus légères. Cette facilité de se commu-niquer le faisoit aimer de tout le monde. Il étoittoujours d’une humeur gaie. Il se mettoit aisémenten colere , mais il en revenoit aussi tôt ; ses pre-miers mouvements n’étoient pas d’aimer la contra-diction sur quoi que ce fût, mais il ne falloit qu’at-tendre les seconds; et en effet, les seconds mouve-ments, les seuls dont il reste des traces, lui ferontéternellement honneur.
' On l’accuSe de n’avoir été qu’un grand et rigid«observateur du droit naturel. On l’accuse aussi d’a-
, voir aimé l’argent. Il avoit un revenu très considé-rable en pensions du duc de Wolfenbuttel, du roi