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Tome premier.
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DE G K E S S E T. 3 53

doute l’amour a une voix puissante qui re-tentit dans tous les âges , qui pénétré toutesles retraites. Mais comment le faire paroîtredans l’empire de la chasteté, dans le lieusaint d’où les passions sont bannies? L’amourpeint dans un couvent n’eSt-il pas un objetscandaleux, au milieu de ces vierges puresqui éteignent sans cesse leurs cœurs, et sen-tent la vie s’échapper sans en avoir joui?'Aussi Gresset ne le montre pas. Le poëte,chaste comme ces vierges mêmes , ne lenomme jamais. L’amour est l’ame du poème,mais il y est caché ; le dieu est invisible,mais on sent sa présence, et le charme estfépandu autour de lui. Gresset a très bienobservé que la contrainte n’ôte à la natureque sa liberté, en lui laissant tous ses droits.L’amour régné encore souverainement surces jeunes cœurs ; purifié par la piété, s’igno-rant lui-même dans le silence de la retraite,d’autant p>lus spirituel qu’il est éloigné deson véritable objet, il exerce son empire parde douces erreurs , il ne se propose qued’innocentes chimères. Un oiseau devientdonc un objet d’amour, et un oiseau quiparle est un amant sensible qui nous répond.Se le vois à la fin du jour errant dans les dor-

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