SUR LE MAGNÉTISME. 7^
terreurs paniques , se propage avec tant derapidité. Le son du. tambour et de la musi-que militai re , le bruit du canon , la mous-queterie,les cris , le désordre, ébranlent lesorganes, donnent aux esprits le même mou-vement, et montent les imaginations au mêmedegré. Dans cette unité d’ivresse, une im-pression manifestée devient universelle ; elleencourage à charger , ou elle détermine àfuir. La même cause fait naître les révoltes;l’imagination gouverne la multitude : leshommes réunis en nombre sont plus soumisà leurs sens , la raison a moins d’empire sureux -, et lorsque le fanatisme préside à ces as-semblées , il produit les trembleurs des Ce-vennes (1). C’est pour arrêter ce mouvement
( 1 ) M. le maréchal de Villars , qui termina lestroubles des Cevennes , dit : « J’ai vu dans ce genredes choses que je n’aurois pas crues , si elles ne s’é-toient point passées sous mes yeux ; une ville en-tière , dont toutes les femmes et les fdles , sans ex-ception , paroissoient possédées du diable. Ellestrembloient, et prophétisoient publiquement dans
les rues.Une eut la hardiesse de trembler et de
prophétiser pendant une heure devant moi. Mais,de toutes ces folies , la plus surprenante fut celleque me raconta M. l’évêque d’Alais, et que je man-dai à M, de Chamillard } en ces termes :