'112 LETTRE
la puissance dé produire et d’embellir. C&talent divin appartient à l'homme exclu-sivement. Mais ce talent , comment est-il•employé , perfectionné ? par quels moyens,opere-t-il des chefs-d’œuvre ? quels sont lesmatériaux de ses compositions ? Ce sont lesobservations et les faits. Lorsque l’hommedécrit, anime et colore ses récits , il nepeint que ce qu’il a vu et observé. Quandil compose, il imite encore, il copie, et voustransmet par la parole l’image tracée et co-loriée dans sa tête. Un roman, un poëme ,■dans leurs tableaux , dans leurs aventuresimaginaires, ne sont qu’un enchaînementde faits vrais , et d’observations réelles , soitphysiques soit morales. Nous voyons queles peintres, dans leurs comnositions , ontpris sur les choses , sur les corps , la formedes contours, la nuance des chairs, la fi-gure et les couleurs de tout ce qu’ils offrentà nos yeux. Les poètes font comme les pein-tres : les paysages, les plantes , les animaux,les hommes, tout ce qu’ils nous peignentest pris sur la nature : les détails sont vrais,l’ensemble seul est idéal. Donc imaginer,c’est se ressouvenir. La mémoire et l’imagi-nation ne different que par la force des im-pressions.;'