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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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PÉRIODE ANTÉHISTORIQUE 13

nemploie quun seul nom pour tous deux.: Y artisan. Le talentd'exécution est la seule chose que le poète admire. Un char par-faitement exécuté obtient de lui autant dattention, on pourraitpresque dire les mêmes éloges, que la statue ou le chef-dœuvre desculpture le mieux réussi. Grâce à cette impartialité, Homère nous révèle, dans linfinie variété des objets quil décrit, une in-dustrie déjà tellement perfectionnée que, sur beaucoup depoints, elle se confond avec lart.

Plusieurs passages dHomère prouvent que la médecine était 'déjà exercée avec succès, sinon dès le temps de la guerrede Troie, du moins à lépoque furent composés ses deuxpoèmes.

Lart de guérir fut dabord le privilège des dieux, des rois et deshéros. Ce qui veut dire que la reconnaissance des peupleséleva au rang des dieux les hommes qui sétaient le plus distin-gués dans la médecine et la chirurgie. Si lon rejette au nombredes fables toutes les cures mentionnées et expliquées dansY Iliade, avec lindication des moyens de traitement employés,il faudrait contester aussi lexistence de tous ces temples des-servis par les prêtres d'Esculape, et qui, presque toujours,étaient élevés dans le voisinage de quelque source deauminérale. Il faudrait même, dans la rigueur de cette logiqueincrédule, nier jusquà lexistence des plus célèbres de cestemples, ceux qui devinrent de véritables cliniques, tels queles temples de Cos et de Cnide , qui, dès les premiers temps delépoque philosophique, donnaient à la science libre Hippo­ crate et Ctésias .

Mais il existe des preuves directes quHomère et Hésiode possédaient eux-mêmes quelques notions exactes de méde-cine et dhistoire naturelle. Nous avons déjà fait connaîtrelopinion de Cuvier concernant Homère . Le même savant re-connaît qu'Hésiode enseigne parfaitement les propriétés médi-cinales de plusieurs plantes, dont il cite les noms dans sonpoème des Heures et des Jours.

Ce poème, divisé en deux chants, traite des travaux de l'agricul-ture : il fut comme le germe de celui que Virgile composa pour lesRomains, avec de plus grands développements, sous le titre deGéorgiques . Dans cette composition poétique, Hésiode sattacheà faire reconnaître les temps les plus favorables pour les tra-