PÉRIODE ANTÉHISTORIQUE 13
n’emploie qu’un seul nom pour tous deux.: Y artisan. Le talentd'exécution est la seule chose que le poète admire. Un char par-faitement exécuté obtient de lui autant d’attention, on pourraitpresque dire les mêmes éloges, que la statue ou le chef-d’œuvre desculpture le mieux réussi. Grâce à cette impartialité, Homère nous révèle, dans l’infinie variété des objets qu’il décrit, une in-dustrie déjà tellement perfectionnée que, sur beaucoup depoints, elle se confond avec l’art.
Plusieurs passages d’Homère prouvent que la médecine était 'déjà exercée avec succès, sinon dès le temps de la guerrede Troie, du moins à l’époque où furent composés ses deuxpoèmes.
L’art de guérir fut d’abord le privilège des dieux, des rois et deshéros. Ce qui veut dire que la reconnaissance des peupleséleva au rang des dieux les hommes qui s’étaient le plus distin-gués dans la médecine et la chirurgie. Si l’on rejette au nombredes fables toutes les cures mentionnées et expliquées dansY Iliade, avec l’indication des moyens de traitement employés,il faudrait contester aussi l’existence de tous ces temples des-servis par les prêtres d'Esculape, et qui, presque toujours,étaient élevés dans le voisinage de quelque source d’eauminérale. Il faudrait même, dans la rigueur de cette logiqueincrédule, nier jusqu’à l’existence des plus célèbres de cestemples, ceux qui devinrent de véritables cliniques, tels queles temples de Cos et de Cnide , qui, dès les premiers temps del’époque philosophique, donnaient à la science libre Hippo crate et Ctésias .
Mais il existe des preuves directes qu’Homère et Hésiode possédaient eux-mêmes quelques notions exactes de méde-cine et d’histoire naturelle. Nous avons déjà fait connaîtrel’opinion de Cuvier concernant Homère . Le même savant re-connaît qu'Hésiode enseigne parfaitement les propriétés médi-cinales de plusieurs plantes, dont il cite les noms dans sonpoème des Heures et des Jours.
Ce poème, divisé en deux chants, traite des travaux de l'agricul-ture : il fut comme le germe de celui que Virgile composa pour lesRomains, avec de plus grands développements, sous le titre deGéorgiques . Dans cette composition poétique, Hésiode s’attacheà faire reconnaître les temps les plus favorables pour les tra-