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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES
bordements du fleuve qui venaient tous les ans confondre leslimites des héritages? Peut-on supposer que, dépourvus de cesdeux sciences, ils eussent pu creuser des lacs de plusieurs lieuesde circuit, ouvrir une infinité de canaux pour distribuer les eauxdu Nil , fabriquer et manœuvrer toutes sortes de machines in-génieuses ou puissantes? Parmi les machines que les anciensEgyptiens ont construites pour mesurer le temps et la révolu-tion des astres, il en est qui impliquent non-seulement de lascience, mais encore du génie.
La médecine des Egyptiens , tant vantée par Xénophon etpar d’autres fut Grecs, limitée dans ses progrès par l’espritde caste, mais surtout par une loi qui, en sauvant peut-êtrela vie à beaucoup de malades, eut pour effet de réduire à laseule prudence l’art du médecin. Tout remède, toute recettequi avait réussi, étaient consignés dans les temples. De tousles moyens ainsi éprouvés on faisait un recueil, ou un corpsde médecine, à peu près comme on fait chez nous un Codex àl'usage des pharmaciens. Si le médecin se contentait d'employerles remèdes inscrits dans ce livre sacré, il n’était responsablede rien, la mort du malade dût-elle s’ensuivre. Il était pourtantparfaitement libre d'essaj-er des moyens nouveaux; seulement,si le malade venait à mourir, la loi voulait que le médecin allâtle rejoindre.
On comprend qu’avec- une telle législation le médecin fûtrarement désireux de tenter l'expérience d’un traitement oud’un remède nouveau. Les progrès de la médecine furent doncnuis au pays d'Egypte .
L’ouverture des corps humains était interdite, et passaitmême pour un sacrilège chez les anciens Egyptiens . L’anatomieleur resta donc ignorée. Cependant ce peuple fut de touttemps célèbre dans l’art d’embaumer les morts. Comme la loiprescrivait de pratiquer les embaumements sans jamais dissé-quer les cadavres, sans même ouvrir le crâne, l'opération nelaissait pas d’être difficile ; elle nécessitait certaines recetteschimiques dont nous ignorons la nature.
De temps immémorial les Egyptiens ont su travailler le fer.Ils en faisaient toutes sortes d’instruments et d’outils. Seule-ment, par une exception étrange, le plus utile de ces instru-ments, leur charrue, était de bois. Pendant de longs siècles, les