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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES
les mers, tout h la fois d'après le cours des astres, et par T ob-servation des divers aspects du ciel.
Aucune autre nation ne se trouvait en état de disputer auxPhéniciens l'empire de la mer. C'était à eux qu'il fallait s’adres-ser pour se procurer des vaisseaux et des matelots. Après avoirparcouru et exploré les côtes de la Méditerranée, fondé descolonies en Sicile , en Sardaigne et en Espagne , les navigateursphéniciens osèrent franchir les colonnes d’IIercule. Us entrè-rent les premiers dans l'Océan. Us pénétrèrent dans les ports dela Gaule près de douze siècles avant l'ère chrétienne. Tant deconnaissances diverses se rattachent à la pratique de la naviga-tion. qu'il est logique de les supposer chez un peuple qui excelladans cet art.
Les immenses richesses acquises dans leur commerce puis-samment servi par leur marine avaient développé à un très-haut degré les arts de luxe et de goût chez les habitants de laPhénicie . Tout le monde sait qu'on leur doit la découverte dela pourpre, admirable matière tinctoriale, si recherchée par lesriches patriciens de Rome . La ville de Tyr était vantée parles prophètes hébreux, comme lapins opulente et la plus belledes cités de leur temps.
A ces louanges et à ces témoignages d'admiration des peu-ples étrangers, à quelques preuves de sa grandeur, disséminéesdans les ouvrages des écrivains de l’antiquité, se borne malheu-reusement tout ce que l’on a pu recueillir sur les Phéniciens . Leterrible Alexandre, qui renversa Tyr de fond en comble, anéan-tit d’un seul coup les archives de cette nation. On peut direqu'il l’effaça de l'histoire. La brillante et puissante colonie desPhéniciens sur le rivage d'Afrique , Carthage , eut plus tard lemême sort que Tyr , sa métropole. Les Romains détruisirentpar le même feu ses citoyens, ses murs et ses archives. Desorte que rien ne subsista désormais de ce peuple qui, par l'an-cienneté de sa civilisation, avait été le maître et le guide de tousceux qui vinrent après lui.
Nous voici parvenus à l'époque où fut établie en Grèce l'écolede Thalès , dite école Ionienne, ou plus simplement, à l’époquedes sept sages, entre lesquels rayonnent déjà les deux grandesticrures de Thalès et de Solon . Une ère nouvelle va commencer