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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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GALIEN

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logues chaldéens, les plus célèbres de tous ceux qui sadonnaientaux sciences occultes. A la moindre indisposition, il avaitrecours à la thériaque.

La thériaque était ce médicament fameux importé à Rome par Andromaque , médecin de Néron , et qui avait été inventépar le roi Mithridate en personne, le grand ennemi des Romains.

Mais la thériaque, cette royale drogue qui avait été une desconquêtes faites sur le roi de Pont, avait grandement progresséen se naturalisant en Italie . Les cinquante-quatre ingrédientsque Mithridate y faisait entrer sétaient presque doublés, et sesvertus sétaient élevées à leur plus haute puissance, par laddi-tion de la chair de vipère, dont Mithridate , le roi pharmaceute.ne sétait pas avisé.

Si les empereurs romains avaient fait la conquête de la thé-riaque, la thériaque, à son tour, avait fait la conquête des em-pereurs. Expliquons-nous. Marc-Aurèle avait une passion pourla thériaque. Après en avoir fait un usage de plus en plus fré-quent, il avait fini par en prendre chaque jour, soir et matin. Ilfaisait presque sa nourriture de cette drogue transcendante, etil avait besoin den avoir, par devers lui, une provision considé-rable, car elle était devenue indispensable à la conservation desa vie.

Régis ad ezernjiïar lotus componitur orbis. Lexemple dupi'ince entraînant les grands, tout le monde, à lenvi, se bourrade thériaque, à la cour de Marc-Aurèle . La bonne composition dece médicament était donc une grande affaire, et on ne pouvaitsen rapporter, pour sa préparation, au premier venu des clys-torels de Rome . On la confiait aux plus hautes sommités delart médical, et sa préparation se faisait avec une solennitétoute particulière.

Cest à ce titre que Galien , peu de temps avant son expédi-tion en Germanie, fut appelé en personne à préparer la thé-riaque dans le palais de lempereur Marc-Aurèle , pour ce princeet son auguste famille : ad usum Delpïrini.

Tel est le fait historique d'après lequel sest accréditée lopi-nion que Galien avait tenu une pharmacie à Rome , ce qui estinexact. Les médecins de la Grèce et de Rome avaient lhabi-tude de conserver chez eux certains médicaments dun emploipresque quotidien. Galien suivit lexemple de ses confrères.