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épithètes que les médecins de Rome lui avaient données : ilétait un peu raisonneur , et sa facilité extraordinaire pour par-ler et écrire favorisait beaucoup ce défaut. Mais ces variationsde jugement, ou si l’on veut ces contradictions, chez Galien ,ne peuvent effacer le véritable caractère de sa médecine, essen-tiellement hippocratique, non pas seulement parce qu’il le dé-clare, mais parce qu’il le prouve dans toute sa pratique.
Galien admettait les quatre humeurs principales reconnuespar Hippocrate , savoir : le sang, la pituite, la bile et l’atrabile.Il établissait, d'après ces quatre humeurs, quatre espèces detempéraments. Il admettait aussi les quatre qualités élémen-taires. Ges données lui suffisaient pour expliquer non-seulementl’origine et la nature de toutes les maladies, mais encore lapropriété de toutes les substances naturelles et les vertus detous les médicaments.
Ce système, fort séduisant par sa simplicité, et qui a régnépendant quinze siècles dans la médecine, ne compte plus aucunpartisan de nos jours.
Mais oii Galien se rapproche le plus d’Hippocrate , c’est dansle pronostic médical, qui, chez lui, comme chez le père de lamédecine, était une sorte de divination. Galien se vante de nes’être jamais trompé dans ses prédictions, soit de la crise, soitde la terminaison d’une maladie. Il est certain qu’il annonçaitsouvent, contre l’avis des autres médecins, des crises qui arri-vaient à point nommé.
Il s’agissait, un jour, de saigner un jeune homme. Galien s’y.oppose, en prédisant une hémorrhagie nasale, qui pigeraitfavorablement la maladie, selon les termes et 1’idée 1, hippocra-tiques. L’hémorrhagie, à peine annoncée, se déclara, justifiantce pronostic.
Nous avons raconté plus haut sa visite à l’ami du philosopheGlaucon. f „ 0 .....
La sûreté du diagnostic de Galien s’étendait jusqu’aux mala-dies morales les plus mystérieuses. Il devina, un jour, q^e lamélancolie d’un" esclave avait pour causa la crainte deuvoirdécouvrir un vol qu’il avait commis, o-iôirtiun ce bi >nn v..i.
Galien ine veut être en resta ni atéC 1 Hippocrate , nLavecÉrdsïstrate,' auteur's"’comme'' < nous Savons raconté dans ce vo-lutne, de deux diagnostics célèbres, et qui consistèrent à de-
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T. I.