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tombeaux des savants les plus illustres du Muséum, commeceux des anciens rois d'Egypte , ont disparu dans la poussièredes siècles.
Après avoir parlé de la vie de Ptolémée , nous allons entrerdans quelques détails sur ses principaux ouvrages.
Ptolémée avait donné à son traité d’astronomie le titremodeste de Composition, ou Syntaxe mathématique. Les éditeurschangèrent ce titre en celui de Grande composition. Les tra-ducteurs arabes y ajoutèrent un superlatif, et dès lors ce futla Très-grande composition, ou Almageste , nom qui est resté.
Delambre , qui, dans son Histoire de l'astronomie ancienne,donne une analyse détaillée de YAlmageste, ainsi que des autresouvrages de Ptolémée , dit, ailleurs, à propos de Y Almageste :
« Il faut avouer que Ptolémée avait, jusqu’à un certain point, de quoijustifier cette espèce d'idolâtrie. Son livre était le seul dans son genre ;tous ceux d’Hipparque avaient disparu (1). On trouvait dans la Syntaxeune exposition claire du système du monde, de l’arrangement des corpscélestes et de leurs révolutions ; un traité complet de trigonométrierectiligne et sphérique; tous les phénomènes du mouvement diurne,expliqués et calculés avec une précision bien remarquable, surtout sil’on considère les longueurs et les embarras de l’arithmétique et de latrigonométrie grecques. On y lisait encore la description de tous les ins-truments nécessaires dans un grand observatoire, instruments qu’ildisait avoir inventés ou perfectionnés. Il y parlait de ces armilles célè-bres, au moyen desquelles il avait observé l’obliquité de l’écliptique, leséquinoxes et les solstices. L’une de ces armilles était placée dans le plandu méridien, elle servait à déterminer les déclinaisons de tous les astres.L’autre, placée dans le plan de l’équateur, avait donné les équinoxes et lalongueur de l'année ; le jour elle était un cadran solaire, et la nuit uncadran sidéral (2). »
Ptolémée avait construit un globe céleste à pôles mobiles,sur lequel étaient indiquées toutes les étoiles avec leurs longi-tudes et leurs latitudes respectives. Ce globe tournait sur deuxpointes diamétralement opposées, qu’on pouvait déplacer àvolonté, pour donner successivement aux deux pôles de l’équa-teur toutes les positions qu’ils avaient pu occuper antérieure-ment par rapport au ciel.
On regarde Y Almageste comme la collection la plus complète