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Tome premier.
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I

94 Louis XIV.

ni la guerre, s’astemblant & décidant en tu-multe, prenoit des partis auxquels elle n’a-voitpas pensé le jour d’auparavant, & dont ■elle - même s’etonnoit ensuite.

Le Parlement de Bordeaux servoit alorsle Prince de Coudé ; mais il tint une con-duite plus uniforme, parcequ’étantpltis éloi-gné de la Cour, il étoit moins agité pardes factions opposées.

Mais des objets plus considérables inté-ressoient toute la France.

C onde', ligué avec les Espagnols, étoiten campagne contre le Roi ; & Turenneaïant quitté ces mêmes Espagnols, avec les-quels il avoit été battu à Rétel , venoit defaire fa paix avec la Cour, & commandoitl’armée roïale. L’épuiíèment des finances

ne

pas assez ménagée par le parlement. Maïs dumoins le fut-elle, autant que les circonstancespouvoient le permettre. Dans le fonds, tou-tes les démarchés du parlement ne tetidoientqu’à conserver à un Roi enfant, quoique ma-jeur tout le réel de l’autorité, quoiqu'il yeneut quelques unes qui lui en ôtassent l’exer-cice. Enfin, si l’autorité roïale ne fut pas as-sez respectée , c’ est la faute du tems & dej’occasion. Je dirai de la puissance souveraine zce que Montesquieu dit si bien de la liberté :j» il est des cas où il faut mettre pour un mo*u ment un voile fur la liberté , comme l’on» cache les statués des Dieux.