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Tome premier.
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127
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Jus q,u’ a' 1661. 127

EUe savoit huit langues ; elle avoir été disci-ple & amie de Descartes, qui mourut à Stock-holm dans son palais, après n’avoir pú obte-nir feulement une pension en France x) oùses ouvrages furent même proscrits pour lesseules bonnes choses qui y fusiènt. Elle a-voit attiré en Suéde tous ceux qui pouvoientl’éclairer. Le chagrin de n’en trouver au-cun parmi ses sujets, l’avoit dégoûtée de ré-gner fur un peuple qui n’étoit que soldat,Elle crut, qu’il valoit mieux vivre avec deshommes qui pensent, que de commander àdes hommes fans lettres ou fans génie jy).Elle avoit cultivé tous les arts dans un climatoù ils étoient alors inconnus. Son desseinétoit d’aller se retirer au milieu d’eux en Ita-lie. Elle ne vint en France, que pour ypasier, parce que ces arts ne commençoientqu’à y naître. Son goût la fixoit à Rome.Dans cette vue elle avoit quitte la ReligionLuthérienne pour la Catholique ; indifféren-te pour l’une A pour l’autre, elle ne fit pointscrupule de se conformer en apparence auxsentimens du peuple, chez lequel elle voulut

pasier

x ) II en obtint une de mille écus, qui ne luifut pas paiée > parce que ce n’étoit pas alorsl’usage de paiér les pensions. Aussi préféroison alors une pension d’un ministre ou d’unSur-Intendant à une pension du Roi.y) Les Suédois ont toujours eu dp genie,& con-noilToient alors les lettres.