JUS Q^U’ A 1703. 99
ponr le Duc de Vendôme; ils auroient don-né leur vie, ponr le tirer d’un mauvaispas, où la précipitation de son génie l’en-gageoit quelquefois. U ne palloit pas pourméditer les desseins, avec la même pro-fondeur que le Prince Eugène, & pour en-tendre comme lui l’art de faire fubíisterles armées. Il négligoit trop les détails ; illaissoit périr la discipline militaire; la tabla& le sommeil lui déroboient trop de rems, vauíìì bien qu’á son frété. Cette mollessele mit plus d une fois en danger d’être en-levé; mais un jour d’action , il réparoittout par une présence d’efprit & par deslumières que le péril rendoit plus vives;
& ces jours d’action il les cherchoit tou-jours. moins fait » à ce qu’on difoit, pourune guerre défensive, îk aussi propre àl’offeníive que le Prince Eugène
CE désordre & cette négligence qu’ilportoit dans les armées, il l’avoit à unexcès surprenant dans fa maison, & mê-me sur ía personne: à force de haïr lésa-sse, il en vint à une malpropreté cinique ,dont il n’y a point d’exemple ; & son dés-intéressement , la plus noble des vertus,devint en lui un défaut, qui lui fit perdrepar son dérangement, beaucoup plus qu’iln’eût dépensé en bienfaits. On l’a vu man-quer souvent dú nécessaire. Son frété leG L Grand