Finances. 39
avoit encor Fingratitude de rejettes fur Col-bert, la langueur i qui commençoit à se fai-re sentir dans les nerfs de FEtat. Un Finan-cier de Normandie fit imprimer dans ce tems-là le Détail de la France en deux petits volu-mes , & prétendit que tout avoir été en dé-cadence depuis 1660. C’ctoit précisémentle contraire. La France n’avoit jamais été IIflorissante , que depuis la mort du CardinalMazarin jufqu’à la guerre de 1689 ; & mê-me dans cette guerre le corps de FEtat, com-mençant à être malade, se soûtint par la vi-gueur que Colbert avoit répandue dans tousses membres. L’aureur du Détail prétendit,que depuis 1660 . les biens-fonds du roïau-me avoient été diminués de quinze - cent-millions. Rien n’étoit, ni plus faux, nimoins vraisemblable. Cependant fes argu-mens captieux persuadèrent ce paradoxe ridi-cule , à ceux qui voulurent être persuadés.C’est ainsi qu en Angleterre , dans les temsles plus florillàns, on voir cent papiers pu-blics , qui démontrent que FEtat est ruïné.
I l étoit plus aisé en France qu ailleurs, dedécrier le ministère des finances dans Fefpritdes peuples. Ce Ministère est le plus odieux,parce que les impôts le font toujours: il re-gviùit d’ailleurs en général dans la Finance,autant de préjugés ìk d’ìgnorance, que dansia Philosophie.
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