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Tome troisieme.
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96 Affaires

soldats , dans le tems de {'anarchie féodale.Les Rois alors n’avòient que leurs domaines,comme les antres Seigneurs. Lorsque toutchangea depuis, le Clergé ne changea pas;il conserva l’usage d’aider l’Etat par des donsgratuits.

A cette ancienne coutume , qu’un corpsqui s’aífemble souvent conserve , & qu’uncorps qui ne s’aílèmble point perd nécessaire-ment, se joint l’immunité toujours réclaméepar l’Eglise, & cette maxime, que son bienest le bien des pauvres : non qu’elie prétendene devoir rien à l’Etat, dont elle tient tout;car le roïaume, quand il a des besoins / estle premier pauvre: mais elle allègue pour ellele droit dc ne donner que des secours volon-taires; & Louis XIV. éxigea toujours ces se-cours , de maniéré à n’être pas refusé.

O n s’étonne dans l’Europe & en France,que lç Clergé païe si peu ; on se figure, qu’iljouit du tiers du roïaume. S’il poífédoit cetiers, il est indubitable qu’il devroit païer letiers des charges, ce qui se monteroit annéecommune à près de trente - millions , indc-pendament des droits fur les consommations,qu’il païe comme les autres sujets ; mais onse sait des idées vagues & des préjugés íurtout. On dit que l’Eglise pofléde le tiers duroïaume, comme on dit au hazard qu’il y aun million d’habitans dans Paris. Si on se

don-