de Malte. Liv. XIII.ce qui s’étoit passé au Fort Saint Elme, faute de Jeandéfenseurs, de faire tomber à la fin ces deux Pla- Valetteces en fa puissance.
Cependant comme il s’étoit apperçû que fes sol-dats commençoient à fe rebuter de ces attaquescontinuelles, & même que de son côté il y perdoitbeaucoup de monde, fur-tout par la mousquete-rie des Chevaliers, pour en mettre en quelque ma-niéré fes soldats à couvert, il avoit inventé une efi.pece de. morion,fait d’unbois assez mince, quoi-que à l’épreuve du coup de mousquet, & qui déficendoit jusques fur les épaules. Il avoit fait pren-dre cette nouvelle armure à huit mille hommesd’infanterie, à la tête deíquels il fie prefenta à l’af-faut du Fort Saint Michel. Mais quand il salut en-trer en action, ces soldats s’y trouvèrent si emba-rassez, si contraints, & d’aílleurs si chargez de cescasques de bois, que la plupart ne pouvant ni at-taquer les Chrétiens, ni s’en défendre, se défirentd’un fardeau si incommode, & quoique à décou-vert , s’avancerent avec beaucoup de résolution àl’attaque du Fort. Ils avoient à leur tête le Sangiacou Gouverneur de la Boífine, appelléCheder, vieilOfficier fort estimé dans les troupes, & qui avoitpromis au Bacha d’emporter cet ouvrage, ou d’ypérir. Ce vieux guerrier, qui dans des jours decombat, & pour fe faire mieux distinguer, avoitcoutume de s’habiller magnifiquement , revêtualors d une veste superbe, s’avança fierement juf-qu’au pied du parapet , & il commanda à l’Offi-cier qui portoit son enseigne, de la tenir haute.
Mais cet Officier fut bien-tôt tué, & l’enfeigne