Jean
de LA
V.alettb.
6o Histoibe de l’Ordre
proposèrent au Grand Maître d’abandonner ceposte, d’en faire sauter ce qui y restoit de fortifi-cations , ôc avec les vivres ôc les munitions deguerre, de se retirer de bonne heure dans le Châ-teau Saint-Ange qui étoit encore en son entier. Ilslui representerent le péril ou l'on étoit d’être em-portez au premier assaut, fi on s’obstinoit plus long-tems à une défense inutile ; que dans le tumulteôc la confusion d une retraite forcée , on n’auroitpeut-être pas le tems de gagner cette derniere For-teresse ; que les vieillards ôc les personnes du sexecouraient risque de rester en proye à la fureur ôcà la brutalité des barbares ; au lieu qu'en mettantde bons corps de garde fur la brèche, pendant queles soldats ôc les habitans se retireraient, on au-rait le loisir de conduire dans le Château des mu-nitions de guerre ôc de bouche, ôc de prendre tou-tes les précautions nécessaires pour la fureté ôc ladéfense de cette Place.
Le Grand Maître rejetta cet avis avec une especed’horreur : ôc comme s’il se fut agi de livrer l isseentiere aux Infidèles, il fit voir à tout le Conseilque le grand bourg ôc l isse de la Sangle qu’ils dé-fendoient, par leur voisinage ôc leur communica-tion réciproque ôc nécessaire, ne se pouvoient nidéfendre ni abandonner l’un fans l’autre, ôc quencédant à l’ennemi le boulevard de Castille , c’é-roit lui ceder en même tems le Fort de Saint Mi-chel ; d'ailleurs que le Château Saint-Ange nepourrait contenir les soldats, les habitans, ôc toutíe peuple qu’il faudrait tirer de ces deux Places ;.que la citerne même du Château ne pourrait pa$