de Malte. Liv. XIII. 81
battre les maisons, & que si des corsaires Chré-tiens étoient assez téméraires pour oser y revenir,ils seroienc toujours en proye à ses dotes, 6c à ladiscrétion de toutes Ites Puissances qui tiendroientla mer.
Quelque exagération qu il y eût dans ces bruits,il est certain qu’après la levée du íiege, la ville, ouce qu’on appelloit le grand bourg de Malte rel-sembloit moins à une Place bien défendue, qssàune ville emportée d’astàut, rasée, détruite âpresle pillage , & ensuite abandonnée par lennemûPlus de deux cens soixante Chevaliers avoient ététuez en disserens assauts ; on comptoir jusqu'â huitmille hommes soldats ou habitans, qui avoientpéri pendant le siégé : &c à peine quand les Turcsse retirerent, restoit-il dans le grand bourg & dansle Château de Saint Michel, en comptant mêmeles Chevaliers, six cens hommes portant les armes,& encore la plupart couverts de blessures.
On attribuoit une si grande perte, non feule-ment à la valeur des Turcs, mais encore aux len-teurs affectées du Vice-Roi : son nom étoit détestépar tous les Chevaliers des differentes nations dela Chrétienté : le Grand Maître# même s'en plai-gnit depuis au Pape. Ce Pontife en écrivit au Roid’Espagne ; &c quoique le Vice-Roi n’eût agi encela que sur des ordres secrets, qu’il en avoir reçus,Philippe pour en éloigner le soupçon, condamnahautement ces retardemens : il tira même quelquetems après le Vice-Roi de la Sicile ; & quoiqu’ilen eût reçû de grands services, il le laissa vieillir àTome IV. L.
J B A NDE LA
Valette