DE Mà L T E. Liv. XIV. III
Le Roi de France ayant appris l’indigne traite- j, A(lment fait au Grand Maître par ses Religieux, lui castre.envoye un Chevalier pour l’assurerqu’il employera “toutes ses forces pour réduire les mutins dans leurdevoir.
La Cassiere arrive à Rome , escorté de huitcens Chevaliers. Il entre dans cette capitale dumonde Chrétien comme en triomphe. La Courdu Pape, les Maiíons des Cardinaux, des Princes, ^
& des Ambassadeurs vont bien loin au devant de v %
lui. Le Pape le reçoit avec de grandes marquesd’eílime, îe plaint, le console. Romegas solliciteune audience mais le Pape lui fait dire quil nele verra point qu après quil aura abdiqué le titrede Lieutenant du Magistere. Romegas saisi de dou-leur en recevant de tels ordres, tombe évanoui:la fievre s’ensuit, & l’emporte en peu de jours. Sespartisans ont ordre d’aller se soumettre au GrandMaître. Le Commandeur de Sacquenville s’étantapproché du Grand Maître, & se contentant de luidemander sa main pour la baiser, le Cardinal deMontate lui cria : A genoux, Chevalier rebelle j sansla bonté de votre digne Grand Maître , il y a plu-fìeurs jours qu on vous auroit coupé la tête dans la,c Place Navone. Tout le monde à Malte rentre dansson devoir. Le Pape vouloir que le Grand Maîtrey retournât pour y jouir du rétablissement de ionautorité ; mais Dieu en disposa autrement, & ilmourut à Rome après trois mois de séjour. Soncorps fut reporté à Malte, & son cœur déposé àRome dans l'Eglise de Saint Louis. Le Pape y fitTome IV. Q,