9 8 Dialoguesjdition ou nos affaires peuvent changer?
J. de Na. Non, mais auffi c’est ce quim’ennuie cruellement ; & quoique jcsache qu’il ne m’arrivera rien, si vousvouliés pourtant me prédire quelqueçhofe , cela ne laisseroit pas de m’oc-cuper. Vpus ne sauriés croire combienil est triste de n’envifager aucun avenir.Une petite prédiction, je vous en prie,telle quil voùs plaira.
An. On croiroic, à voir votre in-quiétude , que vous fériés encore vi-vante. C’est ainsi qu'o n est fait là-haut.On n’y fauroit être en patience ce qu’onest ; on anticipe toujours fur cc qu’onfera ; mais ici il faut que l’on soit plussage.
J. de Na. Ah ! les hommes n’ont-ilspas raison d’en user comme ils font ? Leprésent n’est qu’un instant, & ce seroitgrand’pitié qu’ils fussent réduits à bor-ner là toutes leurs vues. Ne vau n il pasmieux qu’ils les étendent le plus qu’illeur est possible, & qu’ils gagnent quel-que chose sur l’avenir ? C’est toujoursautant dont ils se mettent en possessionpar avance.
An. Mais aussi ils-empruntent telle-paent fur l’avenir par Leurs imaginations