16 L Dialoguéstresse , ne le fut point du tout, que fefis votre personnage, &que vous fit esle mien ?
Pla. J’en tombe d’accord ; les Philo-sophes font galans, tandis que ceux quiseroient nés pour être galans , s’amu-sent à être Philosophes. Nous laissonscourir après les chimères de la Philo-sophie les gens qui ne les connoissentpas, & nous nous rabattons fur ce qu ily a de réel.
M. d’E. Je vois que je m’étois trës-maladreíîée àl’Amantd’Agathis, pourla défense de mon baiser. Si j’avoiscu de l’amour pour ce Savant si laid,je trouverois encore bien moins moncompte .avec vous. Cependant l’efpricpeut causer des passions par lui-même,& bien en prend aux femmes. Elles fesauvent de ce côté-là, si elles ne fontpas belles.
Pla. Je ne faí si l’efprít cause cléspassions ; mais je fai bien qu’il met lecorps en état d’en faire naître fans lesecours de la beauté , & lui donne l’a-grémentqui lui manquoit. Et ce qui enest une preuve , c’est qu’il faut que lecorps soit de la partie , & fournisse tou-jours quelque chose du sien, c’est-à-dire