D ES M O R T S. ï TjS
doucement mes jours à votre Musique*,que de m’élever dans un rang de Mi-nistre d’Etat, qui a fans doute abrégéma vie.
M. Stuart. Je n’euífe jamais cru tetrouver si peu sensible aux grâces queje t’ai faites. Etoit-ce une légére distinc-tion que de te recevoir tous les joursseul à ma table. Crois-moi, Riccio »une faveur de cette nature ne faifoitpoint de tort à ta réputation.
D. R i c. Elle ne me sit point d’autretort , sinon qu’il fallut mourir pourlavoir reçue trop souvent. Hélas ! jedînois tête à tête avec vous comme àf ordinaire , lorsque je vis entrer le Roiaccompagné de celui qui avoit étéchoisi pour être un de mes meurtriers,parce que e’étoit le plus affreux Ecof-fois qui ait jamais été , & qu une lon-gue siévre quarte dont ilrelevoit, l’a-voit encore rendu plus effroyable. Jene fai s’il me donna quelques coups ;mais autant qa’il rn en souvient , jemourus de la feule frayeur que fa vûeme sit.
M. Stuart. J’ai rendu tant d'hon-neuràta mémoire, que je t’ai fait met-tre dans le tombeau des Rois d Ecosse.