EPITRE. 115
quil vous plaira , faites-vous revenir quel-qu’un de son premier Jugement ? Perjònnedu monde. Et puis , pourquoi fer oh on reve-nir les gens ? Leur premier Jugement a sou-vent été fort bon. Pour la facilité, vous de-meurer és ri accord qu on en a afés à découvrirles défauts d’autrui. Tout paresseux que jefois , je voudrois être gagé pour critiquer tousles Livres qui Jefont. Quoique V emploi paroisseafjés étendu , je fuis a(furé quil me refteroitencore du temps pour ne rien faire. Aufjìn’admire -t-on pas beaucoup la pénétrationavec laquelle un Critique démêle ce que Vonpeut condamner dans un Ouvrage. Ou bienon n’en avoit pas encore apperçu les défauts ,& alors on ne convient pas avec lui qu'ils ysoient ; ou bien on les avoit apperçus , & onlui ôte la gloire de fa remarque. En un mot,ou il a été prévenu par son LeBeur , ou iln y en eft pas suivi. A ce compte , pourquoiai je fait une critique ? Efì-ce pour m'opposerau succès des Dialogues des Morts ! Je ri aipas tant d’autorité auprès du Public. EJl-cepour montrer qu il fe trouve des défauts par-tout ? Ce ne feroit rien de surprenant. EJl-ceenfin pour donner à entendre que je feroisquelque chose de meilleur que ce que je criti-que? Moins encore cela que tout le refle. Quoidonc ? je ne fat fi onyo taira bien croire que