z 2.8 L E T T R E S
A MADEMOISELLE de /...
Lettre XIII.
O N a bien raison de dire, Made-moiselle, que le miflere est un assaison-nement très-nécessaire à l’amour. Si lapassion que f ai pour vous étoit moinsconnue , un Procès que j’ai ici en iroitbien mieux. Je plaide contre mon Rece-veur , & je vois bien qu’il se moque demes poursuites. 11 cherche à gagnertoujours du temps, parce qu’il connoîcque je vous aime , & qu’ií est persua-dé que saurai la foiblesse de retour-ner bientôt à . . . pour vous voir. J’aibeau faire le méchant , il n’en tientcompte. C’est grand’pitié , Mademoi-selle , qu’il faille essuyer vos mépris Scceux de mon Receveur ! 11 faut quecet homme-là ait pris de vos méritoi-res , tant il vous imite en tour. II laitbien en la conscience ce qu’il me doit,& il a pris une forte réíohirion de nerien payer. II me chicane de toutes ma-niérés fur les moindres choies ; il m’en-
gagc