Z 4-6 Lettrespendant des journées entieres que voosîa voyés, vous ne lui parlés que de vo-tre amour, & vous lui en parlés d’unemaniéré toujours languissante & pas-sionnée. Encore un coup , si vous êtesaimé dans deux mois, je crierai mira-cle. La Dame a présentement des for-ces pour vous suivre ; mais vous aurésbientôt épuisé tout ce qui est dansson cœur ; & vous serés tout étonnéqu’il ne lui fournira plus rien pourVous. On n’a de part & d'autre qu’unecertaine mesure de tendresse ; il la saurménager : ceux qui ne savent pas ai-mer , la prodiguent imprudemment.On se plaint des absences , & on nefait que son devoir quand on s'enplaint ; cependant pourvu qu’elles nesoient pas trop longues, elles font tousîes biens du monde aux Amans. Ellesrenouvellent un amour qui vieillirent ;& s’il languissent, elles le réveillent.Ce seroit à la vérité pousser la chose unpeu loin , que de se procurer des ab-sences tout exprès ; mais enfin lorsqueïc hasard nous en procure , nous de-vons pester contr elles , & soupçon-ner en même temps que nous pourrionsbien leur avoir de-í’obligation. Vous
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