Galantes. 435
Couvent à celles dont je me fers , & jefuis amoureux de la honte qu’elle en a.Ce n’est pas que je n’entrevoye danscette honte quelque chose de fier, Scqui semble me dire que jen’aisur elleque l’avantage de Texpérience. Je re-marque même que quand je me suisservi de quelque façon de parler quilui est nouvelle, Sc qui lui a plu., ellene la prend pas austìt-tôt, mais elle at-tend quelques jours.à s’en servir, appa-remment pour dissimuler qu’elle aitrien appris de moi. Elle est fi fâchéeque j’aie présentement plus d’espritqu’elle, qu’assurément elle en aura plusque moi avant qu’il soit peu. Je n’aipas pu m’empêcher de faire quelque-fois tomber l’entretien fur les choses ducœur, elle n’en parle que dans un cer-tain stile tiré des livres de dévotionqu’elle a lûs, & qui transporté du Di-vin au Profane, fait un esset assés plai-sant ; mais elle ne laisse pas d’entendrefort bien ce qu’elle dit, Sc je souhaite-rois qu’en ce langage dévot elle voulûtm exprimer des sentimens qui ne lefussent pas. Elle vient toujours à laGrille accompagnée d’une RévérendeMere qui ne montre point son visage.»
Tome I, O o