Iz 8 Les Mondes,
res naturels, & qui prennent pendantle jour une provision de lumière qu’ilsrendent pendant la nuit. Vous ne fau-riés nier que ce ne fût un spectacle assésagréable de voir tous ces Rochers Ral-lumer de toutes parts dès que le Soleilseroit couché, & faire sans aucun artdes illuminations magnifiques , qui nepourroient incommoder par leur cha-leur. Vous favés encore qu’il y a enAmérique des Oiseaux qui font si lu-mineux dans les ténèbres , qu’on s’enpeut servir pour lire. Que favons-noussi Mars n’a point un grand nombre deces Oiseaux, qui dès que la nuit est ve-nue , fe dispersent de tous côtés, 3cvont répandre un nouveau jour ?
Je ne me contente, reprit-elle, ni devos Rochers, ni de vos Oiseaux. Celane laisseroit pas d’être joli ; mais puis-que la Nature a donné tant de Lunes àSaturne & à Jupiter, c’est une marquequ’il faut des Lunes. J’eusse été bienaise que tous les Mondes éloignés duSoleil en eussent eu, si Mars ne nous fûtpoint venu faire une exception désa-gréable. Ah ! vraiment , répliquai-je,si vous vous mêliés de Philosophie plusque vous ne faites, il faudroit bien que