xx Eloge
paisiblement de sa tranquillité & de £âgloire, que de perdre sûrement l’une, enrisquant peut-être de ternir l’autre.
Après avoir été pendant quarante-qua-tre années Secretaire de l’Académie ,âgé pour lors de quatre-vingt-quatreans, il se crut quitte envers les Scien-ces & fa patrie, & demanda la vétéranceà la fin de 1740. II eut pour successeurM. de Mairan , que la confiance du Mi-nistère & de l’Académie engagerent àremplir cette place pendant trois années.Je voudrois ici pouvoir cacher que j’eusla témérité de succéder à de tels pré-décesseurs; mais j’osai me flatter que monzèle pour l’Académie , l’amitié dont iism’honoroient l’un & l’autre , la routequ’ils m’avoient tracée, & ma docilité àsuivre leurs conseils, pouvoient me te-nir lieu de talens, & que le Public ven-droit bien ne pas exiger de moi d’attein-dre à la perfection de mes modèles ; ilfait trop bien qu’en tout genre il y a deshommes inimitables.
La retraite de M. de Fontenelle nele rendit pas plus indifférent pour l’A-cadémie ; il y aflìsta fréquemment , juf-qu’à ce que son grand âge l’eut privé depoule. J’eus, douze ans après fa retraite }