sur la Pluralité des Mondes. 89
le dos d’un taureau au bord de la Mer ,se trouva dans un instant, fans y pen-ser , bien loin du rivage. Je m’étonne* comment ia Marquise, qui n’avoit pasmoins d’esprit que l’Auteur > & quicomprenoit si facilement toutes choiesA en remarquoit les difficultés , ne luifit point fur cela quelque objection. IIest si fertile en jolis expédiens , qu’assu-rcment il ne seroit pas demeuré court.Je m'imagine au moins qu’il avoit faicprovision de Lunettes à longue vue.
Mais supposons que nos gens danscette machine, ne voyant plus la Ter-re , reconnoissant leur erreur, & s’en-nuyant au bout de deux ou trois jours ,se fussent précipités la tête en bas, jevoudrois bien savoir en quel pays ouen quelle région de la matière célesteils feroient tombés , & jusqu’où ils.ssrroient descendus, en approchant tou-jours du Soleil , puisque (a) le centreest toujours le lieu le plus bas danstout ce qui est rond ?
Comme j ai beaucoup d’inclinationpour le tournement de la Terre , quel’on avoit crue immobile, je souhaite-rois aussi qu’en même temps qu’on la
( a ) Page 113,
Tome IX,
II