DE M. DE FONTENELLE. 1$» en décider (k). Mais enfin , ce plus de» dureté fut-il réel, il n’y auroit pas íi» grand mal, & vous en auriez d’autantw plus de force dans les occaíions où il» en faut (i). Une chose plus conhdéra-» ble , & que j’entends reprocher à vo--> tre Langue, quoique ce soit plutôt» la faute des Ecrivains, c’est que vos» phrases font extrêmement longues,
f h) Ces mots , pourroit peut-ttrc , nous ex-pliquent pourquoi M. de Fontenelle se défìoic unpeu de la douceur ou dureté des Langues : c’estque, comme on voit, il se détroit beaucoup deion oreille. Du reste , il n’est point nécessaire derecourir au estant, pour savoir si une Langue estplus douce qu’une autre; il n’y a qu’à considérerle tissu mème de la Langue; plus elle abonderaen voyelles , plus elle fera sonore, douce Sc. ly-rique.
( i ) Ceci n’est pas digne de la Pstilosopstie deJVL de Fontenelle. Si la dureté s’étend au corpsentier de la Langue , & que par conséquent il yen ait où il n’en faudroit pas > il est impossibled’en mettre où il en faudroit. Pour appliquerheureusement dans l’élocution des formes âpres,dures & fortes , il faut que la Langue puisse enfournir au besoin, qui soient molles faciles,harmonieuses. C’est par le contraste que cesqualités deviennent sensibles & pittoresques ; Scvoilà pourquoi le Grec , le plus doux des lan-gages , est aussi celui où il y a , quand il le faut,le plus de force & même d’aspérités