à M. de Fontenelle. 97
LETTRE XXXIII.
Dl M. C Abbé DE Bragelongne , deL'Académie des Sciences .
Brioude, r; Avril 1741.
E ne sont point les embarras, Mon-
sieur & très-cher ami, qui m’ontempêché de vous écrire ; on quitte toutavec empressement & même avec plai-sir, pour s’entretenir avec une personnecomme vous. Une santé , non pas foibleni languissante , mais tout-à-sait déla-brée , a été la cause de mon silence ,qui m’a fait souffrir beaucoup. J’ai crumême pendant plusieurs jours , que j'al-lois être condamné à un silence perpé-tuel, ou au moins à parler comme cesgens qui ne font pas tout-à-sait muets,mais qui ne font que des sons , fansaucune articulation. J’ai eu une attaquele 7 Mars , à laquelle on donnera le nomqu’on voudra , mais qui avoit tout l’aird’une paralysie imparfaite fur la langue.Il me reste encore beaucoup de diffi-culté à parler dans de certains momens,
Tome XI,
I